Jeux Littéraires

Thème 10

Sujet : Une rencontre foireuse


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Ecriture Collaborative n°1

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Chapitre 08 : Un débat, une rencontre

 

   C’est quand on s’y attend le moins qu’on rencontre le plus souvent les personnes les plus intéressantes, et parfois juste là, cachées dans notre entourage. Une soirée chez une amie. Une pièce unique de studio d’étudiant, où tout est à porté de main. Lieu de vie précaire et conviviale. Beaucoup, on connut ces charmes de la vie étudiante, le lit canapé, les poubelles à un lancé de la couche, utile pour jeter ces déchets quand on dort, une salle de bain qui ne devrait pas porter ce nom, tant il est inconcevable de s’allonger dans cette antre réduite au stricte minimum. Une pièce remplie avec très peu d’ami, mais l’impression d’être une quarantaine. Un studio qui ressemble à un ascenseur d’hôpital, vaste et toujours rempli.

Je ne suis plus étudiant et me voilà de nouveau dans cette atmosphère. J’ai perdu depuis peu cette vague inconscience qui habite ces jeunes. Et moi je ne suis plus jeune ? Peut être un peu encore. Même si les problèmes financiers font partie du quotidien de la plus part des étudiants, ils conservent cette absence d’inquiétude pour le lendemain, le stress de la vie active ne monopolise pas encore leurs esprits.

    Soudain, après une demi heure de discussion avec cette ordre d’universitaire, je me rend compte que la plus part de ses personnes sont issus de famille aisée, les parents sont avocats, PDG, directeur…. ce n’est pas un crime. Moi je suis issu de la classe moyenne, celle qui a conscience de ce que pourrait être une vie avec moins, et qui ne se sent pas toujours le droit de se plaindre. Je ne suis pas d’un milieu défavorisé, mais mes parents n’ont pas pu me payer la totalité de mes études et ont apportés le soutien qu’ils pouvaient. Pourquoi cette réflexion, tout simplement parce que la discussion est arrivé sur les jobs d’été. Ils pratiquent parce que «Père » ne leur a pas laissé le choix, ou pour montrer qu’ils pouvaient se passer de leurs parents. Pourquoi pas, après tout chacun ces raisons et ces idées. Mais pour beaucoup, ce travaille est une véritable nécessité, pas pour eux et on le sent bien dans le discours. Pour eux, ça leur donne l’argent de poches nécessaire pour partir à Ibiza, le billet est tout de même offert par « Papa ».

D’un coup, je me sens supérieur à ces fils à papa. J’ai tort, c’est seulement du mépris, peut être de la jalousie, non seulement du mépris. Surtout pour celui qui me sort qu’il faut « vraiment être abruti pour aller travailler en usine, c’est vraiment pour ceux qui n’ont rien dans la tête ». Une partie rigole. Je suis dépité. Je me tais pour le moment.

Soudain la maîtresse du studio, c’est elle qui m’a invité, une de mes rencontres internet. Lors de notre rencontre elle est venue accompagnée, c’est sur sa copine, Isabelle, que j’ai accrochée.  Elle nous parle de ses vacances et dit :

            - « Je ne comprend pas Isabelle, elle m’avait pourtant promise de me rejoindre à Barcelone cet été. Ca aurait trop bien qu’elle vienne au moins quinze jours. Sur les deux mois que j’ai passés là bas.

            - Au fait, tu as trouvé facilement du travaille sur place ? Je lui lance sans l’air un peu hésitant m’attendant à une réponse qui ne me surprendrait pas.

            - Non, je n’ai rien trouvé de convenable, il n’y avait que des jobs de serveuses de disponible. Je ne suis pas trop conne, je voulais pouvoir profiter de mes vacances. Mais ce n’est pas un problème puisque finalement Papa m’a tout payé.

 

Je me remémore une sortie avec Amélie, un après midi de mai où je l’ai un peu accompagné dans les magasins pour trouver un cadeau d’anniversaire pour Isabelle. Alors qu’elle regardait la vitrine d’un magasin de vêtements, pour elle, elle me dit :

            - « j’ai trop envie de cette robe !!! C’est bon je craque, je demanderais de l’argent à mon père.

            - Faut ce que tu veux, lui ai-je dit d’un air blasé. Je voulais surtout qu’elle se dépêche.

            - Je me rends compte que l’argent est tout de même indispensable au bonheur, j’en suis convaincue maintenant, je ne pourrais pas vivre avec un type qui ne gagne pas bien sa vie. »

 

J’étais ahuri par cette réflexion, ce jour là elle est tombée dans mon estime. J’essayais de faire le lien entre la superficialité de cette fille de vingt ans et son désire de partir en mission humanitaire pour aider les plus démunie. Il est vrai que beaucoup de personnes de milieu aisé veulent faire de l’humanitaire, probablement un problème de culpabilisation vis-à-vis de leurs chances de vivre dans un certain luxe, mais j’espère que le plus part on un regard différent de cette gamine pourrie gâtée. Dans le cas d’Amélie, je me demande si ce n’est pas une volonté de se sentir supérieure ou de manière inconsciente pour apprécier encore plus ce qu’elle a. Souhaitons que ce voyage, si elle trouve le courage de la faire,  lui fasse changer sa vision de la vie. Mais je doute qu’elle réalise se projet un jour. Cette envie est plus un caprice de jeune fille perdue dans un monde doré.

 

Suite à la réflexion, d’Amélie sur Isabelle qui n’est pas venue la rejoindre, un acquiescement général commence à envahir la pièce. Je décide de prendre la défense de l’absente. Elle a du annuler sa venu au dernier moment, à mon grand regret, elle a été appelée pour faire un extra au restaurant où elle passe tout ses week-ends pour gagner de quoi manger :

            - « Elle a travaillé pratiquement tout l’été, elle voulait mettre un peu d’argent de côté pour passer son permis. Le voyage n’était probablement pas dans ces moyens.

            - Un billet de train ce n’est pas si chère, et elle aurait dépensée tout au plus 400 euros pour son séjour, c’est que dalle, me rétorque un grand maigre qui de suite m’est antipathique. 

            - Des vacances à Barcelone dans de telles conditions ça ne se loupe pas, me lance un autre, il faut être stupide pour ne pas faire la part des choses et ne pas sauter sur une occasion pareille.

            - Et de toute manière je ne vois pas pourquoi elle passe son permis, réplique le grand maigre, si elle n’est pas capable de mettre 400 euros pour un petit voyage elle ne pourra jamais avoir de voiture potable.

 

J’étais déboussolé par temps de niaiseries. Je ne savais pas que l’on pouvait réunir toute la bêtise du monde dans un si petit lieu. J’ai voulu continuer ma plaidoirie :

- « Vous rigolez ou quoi, 400 euros c’est déjà pas mal, surtout quand on bosse comme un malade pour payer ces études.

- Au pire tu fais un prêt, c’est les parents qui le rembourseront, reprend le grand maigre. Et de toute manière si on n’a pas les moyens on ne fait pas d’études qui ne serviront à rien.

 

J’étais hors de moi, presque au sens premier. Des arguments plus insensés les uns que les autres ont continués de fuser de tout les sens. Je me sens un malaise m’envahir ; Ne sachant plus ou donner de la tête. Un vrai cauchemar. Mes yeux s’écarquillent, je me prépare à tous les incendier de bêtises aussi grosses qu’eux. J’aperçois sur le côté une jeune femme qui me regarde, l’air compatissant. Elle est assise en tailleur sur le sol. Elle plonge son visage dans ses mains avant de me jeter un regard plein de dépit. Ces lèvres esquissent un sourire rempli de désarroi. Elle secoue légèrement la tête. Elle semble aussi atterrée que moi. Son sourire crispé se desserre. J’entends le flot continu de parole provenant de ces blasphémateurs de la condition humaine, mais les mots n’ont plus de sens, plus de consistances. Ma communication ne ce fait plus que par le regard avec cette camarade de lutte. Elle tente de me venir en aide en prenant la parole, mais personne ne la laisse s’exprimer. Les paroles s’estompent peu à peu. Le calme revient. Mon voisin se penche vers moi et me dit. : «  Tu vois bien que nous avons raison. On est majoritaire. En plus, c’est ceux qui ont le pouvoir qu ont raison, on a l’argent donc le pouvoir. »

Elle se lève et commence à prendre ses affaires. Je suis déjà debout et je déclare d’un ton sur, un discours pas du tout préparé, je sens que je me lance dans le n’importe quoi et pourtant je ne m’arrête pas :

«  Je me rend bien compte que l’égalité des Hommes est une utopie ». C’est stupide ce que je raconte mais tout le monde est d’accord avec ça apparemment. « Tant que le pouvoir sera laissé à une bande d’égoïstes sociaux qui ne pense qu’à conserver leur suprématie en suivant le St Père billet vert le monde ira mal. » C’est totalement nul comme accroche. « L’idéalisme bourgeois est de profiter de l’argent, pas toujours mérité. Je suis fière d’être fils de travailleurs qui nous enseignent les valeurs de l’argent et ses limites. » Si je continue je vais me transformer en Trotski. « La facilité de vie ne doit pas pécher par un excès  de fainéantise des petits bourgeois que vous êtes, fils à papa qui se croient en mesure de juger les choix et les priorités des gens. » Ce que je raconte ne veut rien à dire. Du moins j’en ai l’impression. De toute manière vu le la montée de l’ambiance sonore je ne suis pas sur que quelqu’un m’entende, du coup me comprendre, il y a peu de chance. « Je ne dis pas que je connais tout de la vie, mais au moins je reste humble devant les situations qui me sont inconnues. Le respect devrait toujours avoir lieu dans les deux sens, et surtout du plus fort envers le plus faible. Vous, vous  jugez les moins aisées comme des incapables. L’argent vous permet d’exposer votre mépris des autres et de dissimuler vos incompétences en vous plaçant sur un piédestal. »

 

        Ils commencent tous à m’insulter. A me définir comme facho gauchiste. Vu le discours ils n’ont pas complètement tort. Je ne sais pas pourquoi j’ai sorti tout ça sous un aspect si déplorable. Ma réaction était stupide plus dans sa forme que dans le fond. Je sens qu’on me tire par le bras. La jeune femme m’entraîne dehors. Je regrette mes paroles. J’ai fait avec eux ce que je leur reprochais. Je les ai jugés. Je les ai mis dans le même sac. Nous sommes dans la rue désormais. On ne se dit rien. La lumière des lampadaires nous éclaire avec l’aide des voitures. Un grondement continue de sortir par la fenêtre. Je n’ose pas trop la regarder.
Chapitre 07 : Le désarroi nous mène derrière un ordinateur

 

          On ne peut pas dire que je sois réellement seul dans la vie, je reste entouré par ma famille et mes amis. Pourtant c’est un sentiment qui m’habite depuis toujours. Mes parents me soutiennent mais ne me comprennent pas. Je ne leur montre pas mon visage dans toute sa vérité. Je me sens souvent inexistant. Je ne sais d’où vient ce sentiment. Cette solitude au milieu des autres n’est pourtant pas une fatalité dans mon esprit. Je considère que la vie à deux pourrait bouleverser cette conception. « Le bonheur s’accroche si mal au gens seuls » nous chante Cali. Actuellement elle prend tout son sens dans mon existence. J’ai même la sensation que cette aventure avec Céline, ait intensifié cette impression. C’est peut être tout simplement la réalité.

Aujourd’hui je vis mal mon célibat. En partie en raison de l’image que je me fais d’une vie réussit ; marié, des enfants, un métier choisi, des projets. En fait la routine ne me fait pas peur. De toute manière que l’on soit seul où en couple cette routine est partout, elle rythme toute les vies ou presque. Elle rassure. Je ne suis pas assez courageux, assez aventurier pour prendre de tel risque. Tout ceux qui se utilise cette excuse pour mettre fin à une relation ou pour ne pas s’engager dans une relation. Une excuse qui montre une incapacité à s’assumer.

Est-ce que moi je suis prêt à m’engager, j’aime le croire. Mon incapacité à trouver quelqu’un provient peut être inconsciemment de cette peur. Ce serait peut être le cas si je collectionnais les conquêtes. Hors mon voyage dans les territoires féminins restent à ce jour peu nombreux. Je ne suis pas un explorateur. Mes difficultés commencent déjà à l’origine. La rencontre.

Je ne crois plus en moi. J’ai déjà séduit, l’aventure avec Céline est encore une preuve de ma capacité à plaire. Je ne m’aime pas. Je suis plutôt un type bien quand j’écoute se que raconte les autres femmes, quand elles parlent des hommes qu’elles rencontrent. Je n’envoûte pas. Je suis gentil. Je ne plaie pas. Mes qualités ne rattrapent d’aucune manière cette immonde banalité. Ce goût d’inintérêt que je laisse autour de moi est pire que l’abomination, je n’atteins pas le merveilleux. Je laisse indifférent en général, je suis fade, sans saveur qui attire ou gêne. Je n’évoque même pas de ressentiment, je suis invisible. Je ne laisse pas de véritable trace dans l’esprit des gens. C’est une chose qui peut sembler presque plus insoutenable que l’aversion. De moi, on ne pense rien ; rien qui n’ai besoin de réflexion, d’admiration ou de dégoût.

J’exagère un peu, je ne suis pas au niveau d’un Grenouille dans Le Parfum de P. Suskind, je ne vais pas me transformer en meurtrier. Peut être que ce sentiment exacerbé provient de cette société moderne qui semble se diriger vers un amas d’individualités qui ne prennent conscience des autres uniquement si elles sont directement concernées par leurs actions. Je critique, mais je suis également un élément de cette masse. J’en ai conscience c’est déjà pas mal. A la rigueur, ça met en partie égale, ce qui peut paraître pire, et tout ce que je veux c’est rencontrer des femmes pour rencontrer celle qui m’apportera le petit plus que je cherche. Celle qui me rendra une partir de ma naïveté.

Peut être que c’est ça l’amour, un retour à la naïveté, avec un brin d’insouciance. L’amour j’en parle sans vraiment le connaître. La définition que je trouve dans le dictionnaire est : sentiment d’affection passionnée, attirance affective et sexuelle d’un être humain pour un autre. (Hachette dictionnaire) Tout semble claire pourtant. Mais personne ne réussit à trouver de solution, de méthode pour le rencontrer ce sentiment si simple. Il ne s’agit que de complexité en réalité. Il faut tout d’abord une rencontre, une réciprocité, des conditions adéquates à son établissement, une volonté de conserver le tout. Un tout définissable et pourtant tellement de livre, de chanson, de film, tant de moyens d’expressions et de fait qui déblatère sur ce sujet et aucune solution nous est livrées.

De toute manière, je pense que je reste bloqué déjà assez longtemps à la première étape, la rencontre. Ma solution, faciliter, biaiser cette étape. Une manière en vue, internet. Il faut s’adapter au temps. Des outils de discussion qui parfois me donne l’impression de limiter les autres. On peut également penser que c’est une réponse au recroquevillement de chacun. Le problème est toujours le même, qui de l’œuf ou de la poule est à l’origine du tout. La cause du tout, le sentiment amoureux. Avant le mariage ne répondait pas à des besoins sentimentaux mais à des besoins matériaux, économiques ou social. Je préfère tout de même la torture admise actuelle à la souffrance imposée autrefois.

Internet est efficace. Des discussions intéressantes, redondantes, surtout dans les premiers moments. Au début, un emballement pour ces rencontres. Ensuite on comprend que l’on n’est pas seul en piste et en constante compétition vis-à-vis d’autres célibataires chasseurs. Néanmoins, dans ce combat mon accroche est efficace. Je fais dans la simple politesse. Tant de chasseurs qui pistent plusieurs proies en même temps, voulant attraper rapidement, pensant que les futilités de la discussion sont inutiles. Un Mc Do de la rencontre. Tout simplement les dragueurs de boîte d’avant, qui sont mis plus à mal aujourd’hui. Il reste à passer le cap de l’ennui. Il reste à passer le cap de la rencontre. Je préfère laisser cette décision à la jeune femme. J’ai l’impression que le danger est surtout pour elles.

    La rencontre est simple, souvent aucun accroche, parfois pas de réciprocité, et c’est parfois dur, comme pour n’importe quelle rencontre. A la fin de ce premier rendez vous, c’est souvent l’inconnue. On ne sait si on a plu. On hésite à reprendre contact. On ne sait pas si on aura de quoi parler encore la prochaine fois. Au second rendez vous, on a un peu l’impression que le plus gros est fait, mais est ce une rencontre amicale ou un peu plus. Les inconnues restent mais on comprend vite ce que l’autre attend, mais en fait le sait elle vraiment ? Aussi paumée que moi, une chance ou un malheur pour nous. Finalement des rencontres expresses qui nous laissent un goût amer de ne rien construire de ne pas ressentir comme il le faut. Ou tout simplement, pas de rencontre probante encore. Qu’elle jugement avoir. Mon objectif est atteint. Plus de rencontre. Je gagne des soirées agréables, c’est déjà ça. Je suis moins casanier. Une multitude de nouveau contact, dont le plus grand nombre sont éphémères. Toutefois certains apportent un peu plus, même si ce n’est pas des sentiments passionnels. L’impatience est toujours là, pas de rencontre inoubliable. Le désarroi n’a pas disparue devant l’écran de l’ordinateur.

Chapitre 06 : Coin de paradis en solitaire

 

    Me voilà seul; sur la route des vacances. Je ne sais pas si j’ai dormi une heure, j’ai 12 heures de routes. Il est 8h, je conduis depuis trois heures déjà. Le brouillard est toujours présent. Je ne suis pas fatigué. Douze de routes, trop de temps pour cogiter. J’ai prévu de la musique mais je préfère le ton social de la radio qui vous donne une impression de présence. Je repense toujours à Céline. C’est définitivement fini. On a essayé de rester en contact. On ne sait pas compris. Etre avec elle me tenait trop à cœur. Elle s’en est rendu compte, peut être mieux que moi. Elle en veut plus me avoir à faire à moi. Je n’insisterai pas. J’ai sans doute continué à espérer qu’une relation amoureuse s’imposerait entre nous. Tous ces moments passés ensemble, depuis cette fameuse nuit, ont été ponctué par des maladresses et des incompréhensions. Aujourd’hui plus aucune chance qu’il se passe quelque chose. Il est temps pour moi de passer à autre chose. Ma vie change, ces vacances tombent à point nommé pour faire le point, c’est le moment d’établir une véritable rupture dans ce cycle de ma vie. Je sens que je change, que je n’aborde plus les évènements de la même manière. Je sens l’évolution psychologique mais l’importance que je lui porte est peut être sur dimensionnée. Il est probable que ces changements soient minimes en réalité.

Je m’en vais retrouver Valérie. Elle ne m’accueille pas chez elle, enfin chez ces parents. Je vais camper. D’ailleurs, je risque de ne pas passer autant de temps que je le souhaiterai avec elle. En perspective, quelques moments de solitudes, pas trop j’espère. Je vais endosser le rôle d’un ermite social, qui ne sera en fait pas totalement couper du monde mais certainement en retrait. Un voyage tout autant spirituel que touristique. Ce séjour me permettra d’être assez en décalage pour avoir un regard externe sur ce monde. Une vue d’ensemble objective des autres et de moi-même. Un travail d’introspection.

Me voilà arrivé, installé. J’appelle Valérie pour la prévenir. Elle peut me proposer uniquement une rencontre nocturne pour ce soir. Je préviens mes parents. Je la retrouve sur un parking. L’attente me paraît longue. Des voitures semblent se donner rendez vous en ces lieux. Ces rencontres sont suspectes, j’imagine le macro ou le dealeur donnant rendez vous. Des passages rapides, des personnes qui changent de véhicule. L’ambiance n’est pas très rassurante. La voilà. Je la suis en voiture jusque chez elle. On va se promener au clair de la lune, dans la lande voisine. Il est minuit, il fait bon. C’est notre première vraie rencontre. Le cadre est très agréable et l’horizon se découpe formidablement dans cette pénombre. La lune est pleine. Une lumière indispensable pour se déplacer facilement dans ce petit coin de nature. Au loin, on aperçoit une multitude de petites zones éclairées, comme le miroir du ciel étoilé. Pas de ville aux phares agressifs qui masqueraient la luminosité de cette nuit. C’est une rencontre sans gêne. On se parle comme si on s’était vue hier. Je sais à peine à quoi elle ressemble. La nuit nous entoure et nous protège, instant calme et apaisant. On ne reste pas très longtemps, je suis fatigué par mon trajet de 1000 Km et pourtant je sais que je vais avoir du mal à m’endormir.

Le lendemain, je reprends des nouvelles. Il va falloir que je m’habitue au rythme de vie des gens du coin. La chaleur commence à être étouffante. Je me rends vite compte que Valérie ne sera pas très disponible. Elle ne bouge jamais avant 18h. Je ne suis là que quelques jours. C’est la Canicule. Je ferais mes visites en solitaire. Solitude tout le jour. Voilà le mettre mot de ces vacances. Cinq jours.

        C’est fini. Sur l’autoroute des vacances, mes bouchons vont dans l’autre sens. Bilan su séjour mitigé mais aucun regret. J’ai trouvé un coin de paradis, digne des cartes postales type Seychelles. Le lieu d’un repli sur moi-même. Un endroit calme au bord de l’eau. Un arbre les pieds dans cette rivière. Cette plage je ne l’ai pas foulée. J’aurais pu, mais mon point de vue était plus idyllique. Un lieu revigorant, un lieu d’apaisement, où j’ai passé les périodes les plus chaudes de la journée à lire, en attendant une heure plus propice aux déplacements. Il y a également eu ces moments passés avec Valérie et un de ses amis, un type totalement in love mais qui n’a plus aucune chance, sauf celle de souffrir. J’espère qu’il ne s’est pas senti en dangers avec moi. Je le plains et c’est que ce garçon aurait pu être moi. Il n’avait pas à se sentir en compétition avec moi, puisque cette rencontre était purement amicale. Pas de sous entendus, rien qui n’aurait pu nous mettre mal à l’aise. J’ai tout de même eu le droit à un tête à tête hier soir, avant mon départ. Discussion encore plus complice. Je ne regrette rien même si je n’ai pas aussi bien géré la solitude que je ne l’aurais cru. J’ai craqué un soir, ça ne m’arrive jamais. Il fallait que ça arrive, j’avais besoin de me sentir seul pour me vider. Je ne sais pas si cette étape marque une rupture dans ma vie. Il est encore trop tôt pour s’en rendre compte. Une chose cependant est certaine, cette petite introspection m’a permis de me recentrer. Mon inconscient en a peut être ressorti plus de chose. Mon rapport aux autres a évolué, ils ne s’en apercevront sûrement pas. Je rentre, purgé de mes états d’âmes si lourds à porter parfois. Il ne reste plus qu’à en trouver d’autres, pour ça pas de souci, j’ai une entière confiance en mon esprit pour me remettre des bâtons dans les roues. Je me rapproche u peu plus d’un Carpe Diem, mais mon désir d’avoir un contrôle, de toute manière illusoire, sur ma vie est toujours dominant. Je reviendrais en ces lieux me promener, je ne serais plus seul, une main dans la mienne que je guiderais au milieu de cette si belle région.

Chapitre 05 : Crépuscule amoureux


 


        Une lumière douce envahis lentement les petites ouvertures du capitonnage nocturne de la pièce. Les yeux, appelés par cette aurore, s’entrouvrent, se fixent sur le réveil. Le regard dans le vague à la recherche de l’image de son visage. Il semble se construire à travers la pénombre ses courbes se dessinent tendrement dans une volupté irréelle, fondamentalement irréelle.

Le coma matinal se dissipe peu à peu laissant place à un irrémédiable désenchantement de tous ces réveilles, ces retours à la vie morne sans ce regard fuyant de tristesse. Combien d’endormissement, combien de réveils passés à penser à cet amour que je ne sens pas mais que je recherche désespérément au plus profond de ces yeux. Mais elle n’est pas là. Une absence physique qui pèse sur cette présence spirituelle incessante, indécente. Rien ne me permet d’espérer son amour et pourtant c’est celui là que je cherche. Rien ne me prédit mon amour pour elle et pourtant c’est celui-ci qui m’obsède.

Je ne sais si ce matin ressemble à tous les autres mais il en a le goût et la saveur. Cette sensation d’obstination interminable demeure. Nul délivrance ne semble exister pourtant aucun sens ne parait diriger cette manœuvre de l’esprit cherchant a restituer ces pales souvenirs d’une si courtes rencontres. La mémoire veut retrouver les sensations de sa présence mais aucune sensation ne prend de sens. Ce ne sont que des impressions du vécu qui envahissent l’esprit. Ils ne traduisent plus la réalité des évènements, et ne sont que pure construction de l’imaginaire.

            De cette nuit révélatrice, il ne reste plus que des images et des sons tel un film que l’on regarderait tout en dormant, une vision approximative de l’histoire, dépourvu de tout ce qui fait l’intensité des rapports humains liée au cinq sens de la vie. Où est passé son odeur, sa chaleur, sa douceur ? Au fond de ma mémoire ? Mais coincé au plus profond de mon être d’une manière si perfide qu’elle est impossible à retrouver. Impossible !!! Peut être pas tant que ça. Sinon comment expliquer cet engouement insaisissable pour cette aventure d’une nuit qui signifie tellement plus pour mon esprit. Pourtant, je me rappel chaque geste, chaque réaction mais ne les ressent plus. C’est peut être ça le plus dure. J’essaie mais sans cesse mon esprit s’arrête à ce film.

Je me souviens de cette soirée, tout son cheminement. Depuis cette attente en sa présence jusqu’à la libération du début. Cette main se serrant dans la mienne sans tiédeur sans moiteur, d’une assurance déconcertante qui surprend tout d’abord mon cœur pour le fidéliser en un rythme soutenu mais régulier. Je me souviens de sa joie et de son excitation sur le chemin du retour. Toute sa vitalité si habituelle chez elle, dévoilé et ouvert à tout, en cet instant. Puis vient ce jeu d’assurance supérieur, où son calme domine le mien dans une courte feinte d’indifférence aux événements avant de décider de s’abandonner à mes bras. Je me souviens de la douceur de ses bras au contact de mes mains fraîches ; de sa peau tendre sous mes baisers, de ses lèvres suivant les mouvements avec précision. Tout ceci m’aurait suffit à cet instant mais elle me donna encore plus, insinuant en moins une peur que je redoutais et une confiance que j’attendais. C’est ainsi, que nous sommes retourné chez elle, enjoué, elle l’exprimant plus que moi. Et que tout est arrivé naturellement.

Tout était parfait et pourtant notre première nuit fut aussi synonyme de rejet, dont les causes étaient claires mais dont je ne percevais pas encore la signification réelle pour mon être intérieur. Déçu mais compréhensif, aucune des fautes qu’elle semblait si honteusement d’avoir commise ne parurent aussi désastreuse qu’elle ne le pensait. Mais une fois l’extase passée le sens de son malheur commença à donner un sens au mien. A peine nos corps séparés, je l’ai sentie ailleurs, distante. Je ne sens le regret monter en elle. Elle est s’éloigne de moi se lève. Je vais pour la suivre. Elle s’excuse. Elle ne me regarde pas. Malaise. Tension soudaine, elle ne fait que s’excuser et me repousser. Je suis sous le charme depuis le premier regard. Envoûté pour de bon depuis ce soir. Maintenant, le cœur brisé de déception. Elle ne veut pas de moi. Elle pense à un autre. Je ne suis pas prêt à encaisser. Je ne réagis pas. Elle aime. Elle ne m’aime pas. Normal on se connaît tout juste. Elle ne m’aimera pas. Difficile à comprendre, son plaisir était évident tout à l’heure. Histoire d’un soir qui vous marque pour des jours, des semaines, des mois. Je sais déjà que je vais avoir du mal à m’en remettre. Cependant je ne la connais pas vraiment.

Malheureusement, ce mal être a lieu d’être puisqu’elle est la seule à m’avoir apporté se réconfort, cette agréable sentiment d’avoir pu intéresser le cœur d’une femme. Le doute inhérent à ma vie c’est dissipé l’espace d’une nuit ; mais il reparut aussi vite qu’il s’était éteint. Certes une confiance en l’avenir a pris place, mais une inconstance demeure toujours dans ma vie. J’ai trouvé cette femme formidable. Je ne la connais pas. Elle m’habite. Je ne la connais pas. Elle m’a insufflé un nouvel espoir. Elle détruit notre avenir. Pourquoi tant de volonté à la vouloir. Elle m’a approché, conquis, envoûté, jeté. Je ne la connais pas. Elle s’appelle Céline.

Déjà quelques jours, qu’elle m’a laissé tombé. On tente de construire une amitié. Je crois que j’ai des sentiments pour elle. Je suis tellement maladroit qu’elle risque de s’en apercevoir. De nombreuses sorties sont organisée. Des goûts communs, essentiellement musicaux. Jusqu’à ce festival. Ce concert. Allez voir Cali dans ces conditions fut une erreur monumentale. Nous sommes éloignés dans nos visions. Une séparation également physique pendant ce concert, elle n’est pas directement à côté de moi. J’aurais voulu la sentir prêt de moi, elle préfère se tenir éloignée. On craint tout les deux cette magnifique chanson. « L’Amour Parfait », qui nous renvoie notre relation très imparfaite. Ces paroles qui nous montrent l’échec de notre situation :

« J'ai si peur de continuer le chemin seul. Le bonheur s'agrippe trop mal aux gens seuls. Et j'implore, oui, j'implore de voir surgir enfin l'amour (….) j'attend que prenne le feu qui dévore le ventre. Il paraît que l'on ri, que l'on danse, que l'on pleure pour rien d'autre que le pur bonheur (…..) Est-ce toi ? Est-ce bien toi ? Si le prix à payer est de mourir étouffé de chagrin, on s'en fout, ça vaut le coup d'oser s'aimer maintenant, peut-être trop fort, mais d'y croire jusqu'au bout ».

Le retour est troublant, je sens qu’on est arrivé au bout. C’est la fin. Cette chanson à tuer mes espoirs et ouvert son regard sur mon état. Elle va mettre un terme à ma souffrance pour mon bien, pour son bien. Jeff Buckley nous accompagne pour ce dernier voyage mélancolique. La mort d’une relation. Je ne dis mot, je consens à cette fin qu’elle m’annoncera bientôt. Je n’ai plus le choix. C’est peut être ce qu’il y a de mieux pour moi.

La séparation est effective quelques jours plus tard. Les sanglots montent désormais à chaque écoute de cette chanson. Pourquoi l’écouter ? Pour se soigner. Pour se vider. Pour respirer. Pour repartir. Je la recroiserais peut être. On verra nos réactions. Demain, je pars en vacances. Moment privilégié avec moi-même en perspective. De longues heures de routes, pour un renouveau, peut-être pas. Pour un redémarrage, je l’espère.

Chapitre 04: Rencontre pluvieuse


 

Comme toujours, j’arrive en avance. Une maladie ennuyeuse. Il ne me reste plus qu’à attendre. Le pire est que j’attendais déjà avant de partir. Au lieu de m’occuper l’esprit par de quelconques activités, seulement zieuter la télé par exemple. L’attente fait monter en moi un stress inutile. Je n’ai rien à perdre, je vais juste prendre un café avec cette Céline que je ne connais pas.

Dans cinq minutes, il sera l’heure ; Je descends. Je vais l’attendre patiemment à l’abri des arbres. La pluie cesse. Est-ce que je vais la reconnaître. Par chance le temps humide à nettoyer la place de ses passants habituels. Il est l’heure, pas encore arrivée. Elle a dix minutes de retard déjà. Quelqu’un s’approche un parapluie à la main. Pour l’instant ce n’est qu’une silhouette. C’est bien elle qui se dirige directement vers moi elle m’a repérée, je suis seul sur la place. Je la perçois d’une manière différente de la dernière fois. Je la détaille plus que l’autre soir. Elle a quelques kilos en trop apparemment. Des rondeurs qui ne me déplaisent pas. Toujours le même regard captivant. Elle m’accoste directement :

            « - Tu n’attends pas depuis trop longtemps excuse moi pour le retard. 

On se fait une bise. Elle semble à l’aise.

             - Non, je viens d’arriver »

            « - On va prendre un verre ? Tu as un endroit préféré ? 

Sa voix n’oscille pas. Je vais encore paraître sans réelle personnalité à côté.

            - Non pas d’envie particulière, on va où tu veux. »

On se dirige vers le bar le plus proche, un des moins économiques. Elle me laisse la place face à la télévision. Test décisif, où mon regard sera le plus attiré ? On commende touts les deux un thé. On ne se connaît pas du tout, toutes les présentations restent à faire. Métier, centre d’intérêt, etc.… en priant pour que la discussion glisse d’elle-même vers le naturel, sans l’appui de questionnement trop appuyé, trop lourd.

Pour l’instant, c’est elle qui gagne le combat contre la télé. La télé n’a pas d’aussi jolis yeux. Le courant semble bien passer. Elle a du caractère, j’apprécie, mais habituellement je ne suis pas très convaincant auprès de ce genre de fille. Ce n’est pas que j’ai une expérience incroyable pour tirer ce genre de généralité mais pour le moment ça c’est toujours vérifié. Elle semble pleine de vie, quoiqu’un peu aigries par certains côté, elle se plaint un peu. Le temps passe vite. Plus de deux heures de discussion déjà. Il va falloir que l’on se sépare avant de ne plus trop savoir quoi dire. Peur du blanc qui met mal à l’aise. Peur de tourner en rond déjà. Je m’apprête à balancer une excuse pour couper court à une entrevue qui pourtant me convient. Elle me devance prétextant des courses, c’était mon excuse à moi aussi. Je paye la note, ça me fait réellement plaisir de l’inviter. Une bise à la sortie du café et nous nous séparons, repartons chacun de notre côté. Nos regards se sont croisés presque gêné. L’espoir de la revoir monte en moi. La pluie s’était arrêté reprend doucement. J’arrive presque chez moi au moment où la fine bruine se transforme en pluie plus raide. Je ne sais pas ce qu’elle a pensé de moi. Du bien certainement, mais est ce suffisant. Je ne sais pas si j’aurai le courage de la rappeler. Un sms sera plus facile pour la recontacter, mais dans combien de temps ? Peut être me rejoignera t’elle avant ?

Il est 21h, pas de nouvelles. Je craque, je suis nul. « Merci pour cette agréable échange de fin d’après midi. A bientôt ? » Maintenant si elle ne me répond se sera encore plus dure à vivre. Elle a compris maintenant que j’étais intéressé.

Au bout de 2 jours, toujours pas de nouvelles. Je ne sais pas si je dois faire le lourd et appeler. Je vérifie sans arrêt si mon portable fonctionne. Je tourne en rond dans mon appartement. Je commence à abandonner l’idée de la revoir. Je n’ai pas du être convaincant. La réciprocité est toujours difficile à trouver. Il faut que j’arrête de me prendre la tête. Un verre de payé pour rien. Non ce n’est pas vrai j’ai passé un agréable moment et c’est déjà ça de gagner. Mon mobil claironne. Un message. C’est Céline…

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