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Jeux Littéraires

Thème 10

Sujet : Une rencontre foireuse


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Ecriture Collaborative n°1

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Dimanche 29 juin 2008

Chapitre 13 : Verre brisé, vue retrouvée


 

J'ai bu la tasse de My Heaven Tonnight
        Dans le bar, nous retrouvons mes amis dans le fond. La présentation est rapide. Elle commande un Gin fizz. Elle ne le trouve pas bon. Nous le gouttons, il parait normal. Elle le fait changer et boit le second qui a toujours un goût dérangeant. La discussion est assez sarcastique, j’ai peur de ce qui est en train de se passer. Je sens que mes camarades on l’esprit moqueur. Je le sens dans leur regard, dans leur sourire. Par chance, les propos sont mesurés.

Nous poursuivons notre soirée dans une petite pizzeria. La pièce est petite. La lumière rend le tout très intimiste. Nous rigolons bien. Elle peut être un peu moins. Elle n’a pas les mêmes références. La fin du repas approche. Les couverts sont croisés dans les assiettes. Le drame. Elle se permet de les décroiser. Ils insistent et les remettent dans cette position. Elle est superstitieuse. Il ne faut pas croiser les couverts. Une idée stupide. C’est la prise de tête. Ils s’amusent bien. Elle devient folle. Je les supplie du regard d’arrêter. C’est moi qui vais trinquer après. Par chance, le serveur arrive rapidement enlever les assiettes. Tout le monde prendra des desserts. Tout devrait rouler maintenant. Ils trouvent le moyen de croiser les cuillères dans les coupoles. Le pire c’est que ça m’amuse aussi de la faire enrager. Je ne devrais pas. Il faut que je pense aux conséquences. Finalement nous quittons le restaurant pour retourner dans un bar. Un bar différent du premier où le drame à débuté.

Elle recommande un Gin fizz. Le suspens est à son comble. Le verdict sera fatal. Mais fatal pour qui. Le résultat arrive rapidement. Il n’est pas bon non plus celui là. Je suis accablé. En fait, elle  ne doit pas aimer le Gin fizz. Pourquoi s’acharne-t-elle à en prendre. Les moqueries ne peuvent plus être retenues. Je ne sais pas si elle saisit les attaques. Elle ne semble pas ciller. C’est dramatique. Elle se fait lyncher. Je ne fais rien pour la sauver. Elle ne comprend pas,je pense, ce qui se passe. Le combat n’est pas frontal. Elle est fatiguée, elle veut rentrer. Solution de repli ou réalité. Je saisis l’occasion pour partir. Il faut que je la sorte de cette situation. Mais je le fais pour moi ou pour elle? En partant, elle renverse et brise le verre de Gin fizz à moitié plein. Désormais totalement vide.

Le retour est silencieux. Nous faisons l’amour, ou du moins quelque chose qui s’y apparente. Le diagnostique de la soirée est définitif. C’est fini. Elle ne va pas comprendre. C’est un boulet en puissance, même si elle ne s’est pas encore dévoilée. Je m’en rends compte ce soir. Il faut que je me retire la merde des yeux. La nuit n’est qu’interrogation sur mes choix. Ai-je le droit de juger cette personne? Bien sur, pour moi. Il faut que je la largue au plus vite. Elle va pleurer. Et alors. Comment m’y prendre. Une lettre, bien lâche, histoire qu’elle me haïsse et me laisse tranquille. En face, elle risque de vouloir résister, s’accrocher. De plus, je ne peux pas lui dire que je la laisse tomber parce qu’elle me parait trop stupide. Le meurtre serait plus simple, ne laissant pas le poids d’une discussion pesante le temps de s’installer. Par contre, je n’ai pas envie de risquer la prison pour elle. Il y a les sms, une variante de la lettre en moins respectueux. Où le pire de tout, le silence. Par contre, elle risque la aussi de s’accrocher, de me poursuivre et de me gaver à un point incommensurable en cherchant à comprendre. Je le sais bien, je réagirais peut être comme ça. Bon je vais me rabattre sur la franchise par téléphone. Ni trop salaud, ni trop gentil. La dose nécessaire de cruauté pour augmenter la déception.

Le réveil est normal pour un couple. Anormal pour de futurs ex. On est rhabillé. On prend un petit café. Elle me dit que mes copains ne sont pas géniaux et se demande comment je peux fréquenter des types aussi bas d’esprit. Elle n’est pas prête à les revoir. Je prends mes affaires et lui dit que j’ai fait mon choix, adieu.

        Je sors de l’immeuble le sourire aux lèvres. Le hasard fait bien les choses et à le don de me sortir de situations difficiles. Ma lâcheté n’a de limite que la chance.
par Trungpa publié dans : Romans
Dimanche 22 juin 2008

Chapitre 12 : Téléphone Rose


 

        L’heure du voyage est arrivée très rapidement. Nous n’avons pas eu le temps de profiter chacun de l’autre. Mais ça ne me chagrine pas tant que ça. Un peu de séparation permet de prendre un peu de distance. De plus, je sais qu’elle donnera des nouvelles. Durant son trajet, déjà ça commence. Des messages. Des invitations érotiques. Elle essaie de me faire fantasmer. Je vais jouer le jeu pour lui faire plaisir. Elle est seule dans un compartiment et évoque toutes les choses que l’on aurait pu faire si nous avions été tous les deux. C’est vrai que cela peut donner quelques idées. Je serais tout de même plus émoustillé si je vivais la chose directement. Parfois elle abandonne les sms pour des appels. Elle essaie de prendre une voix sensuelle, on se croirait au téléphone rose. Elle me décrit son état de chaleur, sa solitude dans ce grand compartiment. Elle énumère les atouts matériels qu’offre le lieu, propice à des ébats dans des conditions originales. Je ne sais si son but est de s’amuser ou de fantasmer parce que je lui manque. Je suppose que de toute manière elle cherche à maintenir mon intérêt à son égard. Un petit mot, genre tu me manques, je pense à toi aurait suffit. Là, elle en fait trop. Ca commence à m’ennuyer sévèrement. Je vais, peut-être, couper mon téléphone un moment. Elle me fera la tête mais au moins je serais tranquille.

Son séjour loin de moi et surtout loin de tout est très ennuyeux et désire passer du temps au téléphone avec moi. Je continue ma vie et n’ai pas nécessairement autant de temps à lui consacrer. Elle essaie encore toujours d’évoquer chez moins un manque. Je ne sais pas si c’est une bonne technique. Je pourrais du coup essayer d’aller voir ailleurs si j’étais vraiment aussi excité qu’elle le désir, pour me délester de ce mal être éventuel. Je me porte bien. Par chance, de mon côté je suis plutôt pour l’exclusivité. Néanmoins, Elle souhaiterait que je me soulage de cet éventuel pression, avec elle au téléphone. Mais biensur. Je joue le jeu et lui fait croire ma soumission à son désir pervers et coup juste au moment qui devient le plus tendu. Elle a tout de même réussit à me diminuer l’espace disponible dans mon boxer. Elle semble se délecter de ce petit jeu. J’imagine le substitut à porter de main. Elle ne me donne pas de détail, je n’en demande pas non plus. Un soir elle m’appelle alors que j suis au bar avec une amie. Je n’ai pas forcément envie de lui parler là. Je trouve la compagnie de mon amie plus intéressante. Je sens que j’ai été un peu sec. Je m’en excuserais plus tard. Elle n’arrive pas à comprendre que même si elle s’ennuie mortellement, pas moi. Je suis même détendu vu les efforts qu’elle met pour rester le plus en communication avec moi. Je sais que je la retrouverai chaude comme les braises. Je suis même plus serein que pendant mon célibat. Tout le temps de son séjour loin de moi, la rengaine  se rejoue quotidiennement. Je l’accepte, je comprends son extrême solitude. Comme quoi mon soi disant substitut ne fait pas tout, il n’a pas les mêmes capacités que moi.

Enfin son séjour est terminé. Elle est dans le train. Le téléphone sonne. Comme c’est bizarre. Je m’attends au même discours qu’à l’aller, mais au son de sa voix je comprends que la situation est différente. Elle parait traumatisée. La faute à une gentille petite famille. Un couple et leur petite fille. Evidemment la petite fille fait trop de bruit. Elle veut me parler plusieurs fois pour soulager son envie d’infanticide. Je ne la comprends spas très bien et je suis persuadé qu’elle exagère les événements. Elle ne supporte pas les autres en fait. Et surtout si les autres à les traits d’une fillette de 8 ans.  Vous savez ce que l’on dit des enfants des autres. Elle ne veut connaître que ceux des autres, en photo.

Elle va arriver sûrement un peu énervée. Par chance, la petite famille est descendue une heure avant son arrêt à elle. Elle aura le temps de se détendre. En grand romantique que je suis-je vais l’attendre sur le quai de la gare avec un bouquet de roses. Le train s’arrête ? Mais il fait combien de kilomètres. Je ne la vois pas descendre. Avec mon bouquet j’ai l’air un peu ridicule devant tous ces gens. J’essaie désespérément de le dissimuler derrière mon dos. Certains doivent bien se marrer. D’autres doivent être bien jalousent. J’en vois une qui lance un regard bizarre à son homme à côté de moi. Lui le regard qu’il me décoche est plutôt sombre. Et oui il y a des imbéciles comme moi qui font des trucs stupides, que les femmes aiment en générales, mais qui nous rendent la vie toujours plus difficiles et les exigences toujours plus pointues. Je me souviens de ce qui disait Amélia,  la copine de Nico, il ne m’offre jamais de fleur, c’est comme ça j’ai pris l’habitude. Moi je suis con j’ai pris l’habitude d’en offrir régulièrement, désormais je suis coincé, je ne peux plus m’arrêter. Si il devait y avoir une prochaine, je ferais attention à ça. La voilà enfin qui apparaît, traînant difficilement son sac. Je la serre dans mes bras et sors le bouquet de derrière mon dos, comme si elle ne l’avait pas repérée sur les trente mètres de parcours effectué face à face, les yeux dans les yeux. Elle a le sourire.

Nous allons chez elle. Elle dépose ses affaires. On souffle un peu entre deux bisous. Puis, comme prévu, les retrouvailles sont plutôt épicées. Toutefois, nous ne pouvons pas trop nous attarder, nous avons rendez vous pour dîner avec des amis à moi. Je vais leur présenter Armelle. Le téléphone sonne en plein effort. Je décroche comme bon goujat que je suis. 

            « - c’est Jules, qu’est que tu fous ? On vous attend.

            - Vous êtes où ?

            - A l’Europe

            - Dans trois quart d’heure on est là, on vient à pied. Prenez un verre en attendant.

            - Tu crois qu’on a attendu !! »

        Il faut qu’on y aille. Je n’aime pas arriver en retard. On se rhabille. De toute façon, l’élan était coupé. Nous voilà main dans la main dans la rue. Je ne sais pas ce qu’ils vont penser d’elle. J’espère qu’ils ne seront pas trop lourds.
par Trungpa publié dans : Romans
Dimanche 15 juin 2008

Chapitre 11 : Rencontre charnelle


B.O.D.Y par David Testa
        Les messages sont réguliers. Les petits mots doux sont légions. Ils maintiennent l’attente, l’envie. Rien de tel pour faire monter le désir, jusqu’au moment de se revoir. Je l’emmène donc dîner dans un petit restaurant. Un endroit intime, lumière tamisée. Ce n’est pas une volonté du patron, c’est juste que la lumière est pourrie. Table isolée, il y a tellement de recoin dans ce bâtiment qu’il est impossible de mettre de grandes tablées. Un énorme coup de chance, je ne connaissais pas l’endroit. Nous nous dévisageons tout le repas. Les yeux dans les yeux. La main dans la main entre deux coups de fourchette. Nous savons ce qui se passera ensuite.

            Le retour à  son appartement est lancinant. Nous sommes pressés, chaud bouillant. Nous avons envie que l’autre ne tienne plus et souffre de cette attente. Il y a un peu de stress. La première nuit il faut assurer. D’après ce que j’ai pu observer la dernière fois elle grimpe rapidement au rideau. Un avantage pour moi, et pour elle aussi. Elle a plus de possibilité d’être satisfaite. Je commence à fantasmer sur ce qui va se passer. Ma main baladeuse agrémente le tout de caresses engageantes. Le regard dans l’ascenseur est coquin. Les sourires sans mystères. Elle sait ce que j’ai dans la tête, moi je ne me doute pas à qui j’ai à faire. Je pars la fleur au fusil, ou plutôt la fleur au pénis.

Elle a pris plusieurs fois son pied et j’avoue que moi je n’ai pas à ma plaindre non plus. Elle semble insatiable. Ne me laissant que peu de répit. Je fus un peu déboussolé tant la pudeur de la dernière fois elle semblait ne pas vouloir brûler les étapes. Cette fois beaucoup ont été franchis. C’est tout de même agréable de coucher avec une fille aussi réceptive. Si je n’étais si peu confiant en moi, je croirais être doué pour ça. Je sais que c’est en partie illusoire et que cette impression provient de ce qu’elle dégage et exprime surtout. Elle réagit à toutes formes de caresses. Elle est prête à tout pour prendre son plaisir. Moi, je ne suis pas forcément prêt à vivre ça. La nuit fut longue pour mon souffle et courte pour mes yeux. Surtout au petit matin. Le lendemain je me suis fait engueuler. Je n’avais pas prévu assez de préservatif. Et elle n’en avait même pas. Les hommes n’ont pas le monopole de l'achat des capotes. Dans les supermarchés, les pharmacies, la vente des condoms n’est pas réservée aux seuls males. On a fait sans. Finalement ce n’était pas plus mal.

Je suis resté une partie de la journée. On a renfloué les réserves, par un petit tour au grand magasin. Réserve de nourriture et d’objet de plaisir. A mon grand étonnement, elle avait honte d’acheter les morceaux de latex. Pourtant cette nuit elle n’avait peur de rien. A la caisse elle essayait de planquer la boîte sous les autres achats. De toutes manières, la caissière va bien voir ce que l’on achète. Je m’amusais à remettre la boîte en évidence. Elle m’a jeté un regard noir. J’imaginais la scène, que j’ai déjà du voir à la télé ou dans un film, dans laquelle la caissière n’arrive pas à passer la boîte au niveau de code barre.

            «- Ca passe pas. Gisèle tu peux me donner le prix de la boîte de condom extra-small par douze, s’il te plaie ?

             - 8euros60

            - Tu es sûr que ce n’est pas les Easy condom à ce prix

            - Ah oui tu as raison les extra small sont moins chères, ce doit être ceux à 6euros30.

            - Merci »

Bon, je prends des tailles normales, mais je ne veux pas que la honte ne soit que pour elle.  En fait il ne sait rien passé de tel. Nous sommes passés à la caisse tranquille. Elles doivent voir des choses bien plus amusantes ou terrifiantes nos très chères hôtesses de caisse. Une fois de retour on a du tester la qualité du nouveau matériel. On aurait du prendre des extra larges, pour mon confort. Je ne sais pas d’où vient cette obsession pour la taille du sexe chez les hommes. Moi-même j’en fus plus ou moins victime. Mais j’ai tout de même, avec le temps fait la part des choses. Je pense être dans la moyenne. On ne s’en est jamais plaint, alors je me prends moins la tête. Le reste de la journée fut agréable. Un sentiment de bien être nous habitant, et de fatigue également. Elle semble sous le charme. Moi je ne sais pas encore vraiment, même si je me sens bien en cet instant. On verra comment ça évolue. Déjà elle m’annonce sont départ pour plusieurs jours, voir plusieurs semaines. On sera séparé une durée identique à celui depuis lequel on se connaît. J’ai envie de profiter un maximum de se présence avant son départ. Ensuite une petite période d’abstinence s’en suivra. Ce n’est pas le plus simple pour commencer une relation. Néanmoins, ce sera un bon teste pour l’avenir.  

        Elle semble avoir un rapport au sexe sans aucune pudeur, quoiqu’elle ne semble pas l’assumer. Elle est plus jeune que moi mais semble plus expérimentée. J’ai l’impression que cette situation d’abstinence la dérange plus que moi. Elle me présente mon substitut. C’est vrai qu’il se transporte mieux que moi et demande moins d’attention. Je m’en amuse. Sur qui je suis tombé. Non pas que ceux genre de chose ne me gêne ou me choque. Mais je suis quelques peu surpris par la personne qui se découvre à mes yeux. Il y a des hommes qui seraient jaloux de me savoir accompagnés de la sorte.
par Trungpa publié dans : Romans
Dimanche 8 juin 2008

Chapitre 10 : Rêve ailes


 

        Les yeux s’ouvrent sans difficultés malgré la nuit un peu plus courte que d’habitude. Je suis reposé et serein ? Que m’est-il arrivé ? Je me lève dés le réveil allumé. J’ai de l’énergie. Cali est resté dans la platine. Ce fond musical n’a pas la même saveur qu’hier. Je suis presque hilare ce matin. Le sourire n’est plus noir. Quelque chose a changé. Hier soir je suis tombé sous le charme. Ca ressemble donc à ça. Rien de particulier en réalité. Amoureux ? Je ne le sais pas encore. Mais envoûté pour le moment. Après cette soirée surprenante, je prends conscience de la drague dont je fus l’objet. Pourquoi pas finalement cela me convient totalement. Je ne suis pas un séducteur dans l’âme et je trouve très valorisant qu’une personne fasse tant d’effort pour se rapprocher de moi. Je ne sais pas comment aborder les filles. Je ne sais que faire pour leurs plaire. J’ai toujours pensé qu’être moi-même suffisait. Non pas que je sois imbu de ma personne mais je joue très mal les rôles qui s’écartent trop de mon naturel. Apparemment cela peut suffire pour séduire. On se demande ce qui peut leur donner envie de venir vers moi. Je ne pense pas correspondre aux canons de beauté. De toutes manières, je n’y crois pas moi-même. Je ne pense pas naïvement que personne n’est moche. Il y a réellement des personnes physiquement disgracieuses et repoussantes. Moi je me situe dans la moyenne, celle qui ne se repère pas. La preuve en est que je plaie à des jeunes femmes. Bien entendu je ne peux pas me voir en photo, comme beaucoup de personne je pense. A force de scruter nos difformités on ne veut plus les voir, c’est petit point noir de notre anatomie. Je ne veux pas dire non plus que ceux qui arrivent à se regarder en photo soient narcissiques. Il est vrai que certains le sont et ne peuvent s’empêcher de pavoiser devant leur image. Mais les normaux ; ils s’acceptent silencieusement ? N’ont aucun goût et sont incapables de se juger ? Où ont t-ils tout simplement réussi à faire la part des choses ?

De toute manière, je ne devrais pas m’inquiéter pour mon physique. Je n’ai rien du demi-dieu grec, mais il y a suffisamment de filles myopes, dont la vue n’est pas corrigée, pour me croire séduisant. Là je suis dure avec moi et surtout avec ces jeunes femmes. D’ailleurs je ne fais pas autant de cas pour leur apparence. J’ai besoin d’être physique séduit par la demoiselle, mais je suis sensible à ce que l’on appelle le charme, que les mauvaises langues nomment la beauté des pas beaux. Je pense que c’est eux qui n’ont rien compris. Eux qui se bornent aux canons de beautés. Les mannequins ne m’ont jamais faits bander. Le charme, ce petit quelque chose qui se cache en presque chacun de nous, il faut être lucide certain en sont aussi dénué. Si je le perçois chez certaine, pourquoi ne le verrait elle pas chez moi après tout.

 

Une vibration dans mon pantalon. Je suis au travail. Je ne devrais pas le laisser allumé. Il n’est jamais allumé, sauf aujourd’hui, je désire recevoir des messages. Un petit mot doux. Déjà. On ne s’est embrassé qu’hier soir. Un peu comme si on formait un couple. N’est ce pas le cas ? En tout cas je ne suis pas contre. J’accepte son invitation à se revoir ce soir. Des retrouvailles après ces quelques heures de séparations. Pelotage et roulage de pelle en perspective. J’ai hâte d’y être.

            Je sonne à l’interphone. Je me présente sous le nom « c’est Moi », ça me semble évidant, qui ça pourrait être d’autre. Elle m’ouvre. Puis le doute. Je retourne sonner. « Au fait c’est quel étage ? » Hier soir j’étais tellement absorbé par ma compagnie que je n’ai pas pensé à repérer le bouton sur lequel elle a pressé à notre montée dans l’ascenseur. Elle est au troisième mais espère atteindre le 7ème ciel ce soir. Elle me laisse entrer dans son antre accompagné d’un sourire très haut perché. D’abord un petit bisou avant de refermer la porte et de nous serrer dans les bras. La chaleur humaine est importante pour combattre le froid. Dans ce lieu confiné nous pouvons enfin nous abandonner à des baisers effrénés. Nous arrivons très vite sur le lit. Il n’y a pas tellement d’autre endroit où s’asseoir tranquillement. Je comprends toutefois que l’on ne se glissera pas sous la couette. Pas ce soir en tout cas.

Nous passons une soirée délicieuse enlacée. Une soirée de baisers, de regards, d’écoute. Mais mains ne peuvent s’empêcher de la découvrir. Les siennes sont plus sages. Elle semble apprécier le voyage de mes doigts et ne me donne pas de frontière. De plus en plus ils se rapprochent de son intimité avant de s’y engouffrer. Quelques caresses plus tard, elle atteint l’orgasme. Une sensation géante pour elle et pour moi. Son regard se fixe à nouveau dans le mien. Elle parait heureuse. Je vais devoir partir. Mes mains repartent en exploration. Cette fois je veux agrémenter ma visite avec un meilleur confort, mais elle gardera ses dessous. Elle a probablement eu peur que je n’aille plus loin. La nudité sera pour une prochaine fois. Elle aura tout de même le droit à son extase. Je l’embrasse, je pars. Dans deux jours je l’emmène dîner.
par Trungpa publié dans : Romans
Dimanche 1 juin 2008

 Chapitre 09 : Dîner frissonant

 

 

        « - D’habitude je ne m’emporte pas comme ça.  Je ne vois pourquoi j’essaie de me justifier, elle paraissait être de mon côté même si elle était beaucoup plus calme.

            - Non, tu as eu raison de rabattre le clapet de ces prétentieux.

            - Je ne sais pas si je leur ai vraiment fermé le clapet. On les entend discuter d’ici.

            - Au fait, moi c’est Armelle, me dit-elle avec un grand sourire

            - Et moi c’est Laurent

            - J’avais cru le comprendre. »

Sans suit une discussion des plus banales pour commencer. Elle est étudiante en lettre moderne. Et surtout célibataire. On discute de tout et de rien. Je ne sais pas trop quoi dire. Je ne sais quel sujet aborder. J’en profite pour la décortiquer du regard. Elle a de jolies formes. Des petits seins semble t’il. Ca m’est égal, de toute façon j’ai des petites mains, si c’est trop gros je ne pourrais pas les prendre en entier comme j’aime. Voilà c’est fait je me fais déjà un plan cul alors que je la connais à peine. Il ne me faut pas grand-chose pour fantasmer. Elle se met enfin en pleine lumière, elle a des yeux magnifiques. Un bleu ravageur. Cupidon doit savoir se qu’il faut me mettre sous les yeux pour pas avoir trop de travail à faire.

Il fait un peu froid. On commence tout les deux à frissonner. Elle m’invite à casser la croûte chez elle. Elle habite à côté. Un bon moyen pour casser la gêne qu’il y a entre nous. J’accepte évidemment avec plaisir. Elle me fait un grand sourire avant de me préciser qu’elle me fera un repas d’ouvrier, pour rester dans l’ambiance. On rigole légèrement tout les deux. Je lui réponds qu’un repas d’étudiant fauché me convient également. On sait que le repas n’est que pour la forme. Je la suis tout en hallucinant. On vient de se rencontrer, elle m’emmène chez elle. Pourtant je ne corresponds pas au type débordant de sex appeal ou ayant la tchache nécessaire pour réaliser ce genre de coup de maître. Se faire inviter par une inconnue à dîner en tête à tête, seul, chez elle. Elle n’a pas froid aux yeux.  Il a suffit que je me lâche complètement, on peut dire stupidement, pour susciter un tel intérêt. Il faudra que je reteste cette méthode si j’en ai l’occasion.

 

Je la suis dans son studio. Un peu de désordre. Elle s’en excuse. Tout en récupérant les quelques vêtements qui traînent. Elle débarrasse sa table de cuisine-bureau de ses cours. « Installe-toi. » Elle me tire une chaise et se dirige vers le coin cuisine. Sort une casserole, met de l’eau à bouillir. « Ton souhait va être exaucé, un vrai plat d’étudiante fauchée, des pâtes ». Je m’en fous et j’acquiesce bêtement avec un petit sourire. Elle met de la musique. Une sorte d’opéra rock métal traverse les enceintes de ce petit poste. Je ne suis pas fan mais c’est supportable. Je recommence à l’examiner. J’apprécie encore mieux ses courbes. Les formes de ses fesses se dessinent très bien dans ce jean serré. Je me rends compte que j’aime réellement les rondeurs, dans la limite du raisonnable. C’est préférable aux tas d’os, pâle copie de notre ami Oscar des salles de Sciences naturelles.  J’ai envie de toucher et de laisser mes mains se balader.

C’est prêt, nous mangeons l’un en face de l’autre. A nouveau, je me noie dans ce bleu. Nous n’arrêtons pas de bavasser. La gêne du début s’est beaucoup estompée et je me surprends d’une telle aisance oratoire. Je crois que notre entente est vraiment très bonne. J’imagine les autres se demandant se que l’on devenait, fières de leur victoire. Le plus grand nombre à toujours raison, la preuve nous sommes partis. Un monde où le plus grand nombre aurait raison serait voué à une stagnation, voir une régression sans les génies pour nous faire évoluer. Un monde où on est tous formaté, obligé d’écouter Céline Dion, la Star Ac ou Obispo. Je n’ai rien contre eux. Mais les apports d’artistes comme Pink Floyd, Led Zeppelin, Janis Joplin, des extra terrestres. Et que dire des Einstein, Copernic, Galilée, Newton et autres Eratosthène. La planète serait toujours plate, Bush ne serait pas Président des USA qui n’existerait pas puisque pas découvert pas les Européens. Remarque il y aurait quelques bons côtés finalement.

J’imagine les ragots qui circulent déjà. Un gars et uns fille qui disparaissent d’une soirée, ça fait jaser. Dans un sens, je ne serais pas contre le fait que ces quolibets soient  fondés. Je commence vraiment à avoir des idées derrières la tête. Je ne sais pas si c’est pareil pour elle. Il est peut être préférable de fuir avant de faire une bêtise. Je lui dis que je vais la laisser en me levant. Je n’ai pas vraiment envie de partir. Mais il commence à se faire tard et demain je travail. Je ne suis plus étudiant, je n’ai plus l’habitude d’enchaîner couché tard et levé tôt. Elle insiste pour m’accompagner. J’essaie de la convaincre de rester au chaud, par politesse, même si je trouve ça plutôt bien qu’elle m’accompagne. Elle a décidé de descendre. Elle m’emboîte le pas.

Devant ma voiture, un peu vieille et totalement délavée, on recommence à discuter, je pense que l’on cherche à retarder au maximum le moment de la séparation. Le froid m’englobe lentement. Je n’ai pas de pull. Il est dans la voiture mais si je l’ouvre ce sera le mouvement du départ qui sera enclenché. Je me sens bien ici avec elle. J’ai la sensation que mes organes vont geler. La rue est éclairée, juste assez pour donner une ambiance intime. Malheureusement toutes les deux minutes une voiture passe, toujours roulant un peu trop vite et perturbe quelque peu l’échange.

            Je commence à frissonner. J’essaie de ne pas le montrer. Je veux faire l’homme fort. Je pense à un endroit chaud. Première idée qui me vient à l’esprit, un lit. Je ne sais pas si c’est le bon moment pour se fixer la dessus. Je tente de me détendre pour limiter la chaire de poule et les crispations, en vain. Elle ne s’arrête pas de parler. Je l’écoute sagement dans ce blizzard automnal. Il fait à peine 10 degrés, je suis en chemise, j’ai froid. Elle a vu que j’étais frigorifié. Un passant arrive et écourte notre conversation ou plutôt la sienne. Je saisis l’occasion pour mettre un terme à mon calvaire. On se fait la bise. Au moment où je recul elle dépose un baiser sur ces doigts pour me le poser sur mes lèvres.

Mon cœur s’arrête. Plus rien ne bouge. C’est le chaos. Le temps semble figé un instant. Que se passe-t-il ? A-t-elle déjà un ressenti particulier à mon égard ? Soudain, je prends conscience de la tête d’ahuri que je dois tirer. Il faut se ressaisir. Elle est posée devant moi. Elle attend sûrement que je réagisse. Elle reste muette. L’atmosphère paraît plus lourde qu’avant. Le froid je ne le ressens quasiment plus. Elle a un sourire un peu inquiet qui apparaît doucement sur ces lèvres. Il faut que je réagisse. Le silence est pesant. Je relance la conversation. Le flot reprend. Je parle, acquiesce. Je ne sais pas vraiment de quoi nous parlons. Mon cerveau est coupé en deux. Une partie réagit à son environnement de manière réflexe. L’autre reste intrigué par la situation et cherche une solution. Je tremble de plus en plus. Je suis comme figé par le froid. Mon cerveau incapable de prendre une décision. Je suis une statue grelottante. Je sens qu’à nouveau la fin arrive. Que faire ? Le temps des au revoir est imminent.  Je l’embrasse ou pas ?

Je me penche vers elle. Je ne sais pas encore où je vais les poser. Encore une hésitation. Quel nigaud je fais. Mes lèvres se posent sur les siennes. Elle accompagne volontiers mon baiser, qui devient plus le sien. J’ai les jambes qui flageolent. Mon corps devient sismique. Le froid et l’émotion me font vaciller. C’est un tremblement de terre dont le foyer est le cœur battant la chamade, et l’épicentre nos lèvres collées. Je la serre contre moi. Je me retiens à elle. J’en profite pour récupérer de la chaleur. Je ne sais plus ce qui m’ébranle le plus, le froid ou le baiser.

On se désunit. La voix devient plus douce, plus sucrée. Les regards sont plus francs. Les sourires comme agrafés aux visages. Je n’ai plus trop envie de partir. Il faut que je rentre mettre au chaud, me reposer pour aller travailler. Je me sens bien dans ses bras, sur ses lèvres, dans le creux de son cou. La séparation est dure, mais la raison refait surface. J’ai trouvé quelqu’un, je peux m’en retourner sereinement.

        Je ne m’attendais pas à ce genre d’évènement ce soir. J’ai quelque chose de sérieux qui semble se dessiner. Je vais pouvoir dormir comme un loir. Au revoir les questions sur mon célibat. Bonjour, les interrogations sur cette jeune femme. Je suis tellement sur que ce n’est pas une rencontre passagère. Je me surprends à penser qu’elle peut être la bonne. Je ne la connais que depuis quelques heures, même quelques minutes, je ne la connais pas en gros. C’est peut être ça un coup de foudre. Pourtant je n’ai pas la sensation d’avoir été foudroyé. Peut être suis-je naïf. Aussi inconscient qu’un adolescent. Ce ne serait pas la première fois que cela m’arrive. Je suis impatient de vivre cette aventure. Je n’ai aucun doute. Ce n’est pas normal. Moi l’homme au milles questions à la seconde. A quoi bon s’inquiéter.
par Trungpa publié dans : Romans
 

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